Sommaire de l'article
- Qu’est-ce que la calima, concrètement
- Quand la calima survient-elle : y a-t-il une saison
- Vols annulés ou retardés : ce qui se passe vraiment
- Calima et santé : qui doit vraiment s’inquiéter
- Que faire pendant un épisode de calima sur place
- Calima et photos : gérer ses attentes
- En résumé : faut-il s’en inquiéter avant de partir
Ciel orangé, horizon qui disparaît, air qui sent le sable chaud : si vous avez déjà vu des photos étranges des Canaries où tout semble baigné dans une brume ocre, vous êtes tombé sur un épisode de calima. C’est l’un des phénomènes météo les plus déroutants pour un premier voyage dans l’archipel, et aussi l’un des plus mal expliqués en ligne. Voici ce qu’il faut vraiment savoir avant de s’inquiéter — ou de l’ignorer à tort.
Qu’est-ce que la calima, concrètement
La calima est un vent chaud et sec qui transporte des particules de sable et de poussière fine depuis le désert du Sahara, à seulement une centaine de kilomètres des côtes africaines les plus proches de l’archipel (Fuerteventura et Lanzarote). Ce vent, appelé sirocco ou harmattan selon les régions, charge l’atmosphère de particules PM10 en suspension qui voilent le ciel et réduisent fortement la visibilité.
Contrairement à l’image qu’on s’en fait souvent, il ne s’agit pas d’une tempête de sable qui recouvre les voitures ou fait fuir tout le monde à l’intérieur en courant. C’est plus insidieux : un ciel qui devient progressivement laiteux ou orangé, un horizon qui se rapproche visuellement, et une chaleur sèche qui grimpe brutalement, parfois de 5 à 10 °C par rapport à la veille.
Les îles les plus exposées sont Fuerteventura et Lanzarote, les plus proches du continent africain, suivies de Gran Canaria et du sud de Tenerife. Les îles plus occidentales comme La Palma, La Gomera et El Hierro sont généralement moins touchées, protégées par la distance et le relief.
Quand la calima survient-elle : y a-t-il une saison
Il n’existe pas de “saison de la calima” au sens strict, mais deux périodes concentrent la majorité des épisodes observés ces dernières années :
- Juin à septembre : c’est la période la plus fréquente, en lien avec les vents chauds du Sahara en été. Ces épisodes s’accompagnent souvent d’un pic de chaleur inhabituel.
- Février à avril : une deuxième fenêtre, plus irrégulière, où des épisodes parfois plus intenses (comme celui de février 2020, resté dans les mémoires) peuvent se produire.
En dehors de ces fenêtres, des épisodes ponctuels et plus légers peuvent survenir n’importe quel mois de l’année. Pour la planification de votre voyage, retenez surtout que la calima ne se prévoit pas des semaines à l’avance : les modèles météo fiables ne l’annoncent que 3 à 7 jours avant. Il est donc inutile de chercher à “éviter la calima” en choisissant une date de séjour précise — mieux vaut consulter notre guide de la meilleure période pour visiter les Canaries pour le climat général, et surveiller la météo une fois votre date de vol fixée.
📶 Pour suivre les alertes météo et qualité de l’air en temps réel une fois sur place sans dépendre du wifi de l’hôtel, une carte eSIM data Espagne activée dès l’arrivée à l’aéroport est le réflexe le plus simple.
Vols annulés ou retardés : ce qui se passe vraiment
C’est la question qui revient le plus souvent : est-ce que la calima peut faire annuler mon vol ? La réponse honnête est oui, mais dans des proportions limitées.
Lors des épisodes les plus intenses, la visibilité peut chuter en dessous des minimums réglementaires pour l’atterrissage, en particulier à l’aéroport de Tenerife Nord (Los Rodeos), historiquement plus sujet aux problèmes de visibilité que Tenerife Sud (Reina Sofía), situé dans une zone plus dégagée. Gran Canaria et Lanzarote peuvent aussi être affectées lors des pics les plus sévères.
Concrètement :
- Les compagnies aériennes surveillent les prévisions et annoncent généralement les perturbations 24 à 48 heures à l’avance.
- Un vol peut être retardé, dérouté vers un aéroport voisin (par exemple un vol pour Tenerife Nord dérouté vers Tenerife Sud), ou annulé dans les cas les plus extrêmes.
- Juridiquement, une annulation pour calima est classée comme circonstance extraordinaire au sens du règlement européen 261/2004, ce qui veut dire que vous n’avez pas droit à l’indemnisation forfaitaire (250 à 600 €) applicable en cas de faute de la compagnie. Vous conservez en revanche le droit à un réacheminement gratuit ou à un remboursement intégral du billet.
Notre conseil pratique : si vous voyagez en été ou évitez les correspondances trop serrées à l’aéroport, prévoyez une marge d’au moins 3 à 4 heures avant un vol international en correspondance, et activez les notifications SMS/e-mail de votre compagnie pour être alerté au plus tôt en cas de perturbation.
Calima et santé : qui doit vraiment s’inquiéter
Pour la grande majorité des voyageurs, une exposition de quelques jours à la calima reste sans conséquence sérieuse. Les effets les plus courants sont bénins : gorge sèche ou irritée, yeux qui piquent, petite toux, sensation de fatigue liée à la chaleur inhabituelle.
En revanche, certains profils doivent redoubler de vigilance, car les particules fines (PM10) en suspension peuvent aggraver des pathologies respiratoires existantes :
- Personnes asthmatiques ou souffrant de BPCO : gardez votre traitement de crise à portée de main et évitez les efforts physiques en extérieur pendant l’épisode.
- Jeunes enfants et nourrissons : plus sensibles aux irritations des voies respiratoires ; limitez les sorties prolongées en poussette en extérieur. Si vous voyagez avec un bébé, consultez aussi notre article sur le matériel bébé aux Canaries pour anticiper le reste de la logistique.
- Femmes enceintes : la prudence recommandée est la même que pour toute exposition à une pollution atmosphérique élevée — voir notre guide dédié sur voyager enceinte aux Canaries.
- Personnes âgées ou avec antécédents cardiovasculaires : la chaleur combinée à la calima peut fatiguer davantage que la chaleur seule.
Les recommandations sanitaires locales, relayées par les autorités espagnoles lors des épisodes marqués, sont simples : limiter les activités physiques intenses en extérieur, garder portes et fenêtres fermées si possible, boire beaucoup d’eau et ne pas interrompre un traitement médical en cours.
🎒 Si vous êtes sensible aux voies respiratoires ou voyagez avec un enfant asthmatique, glisser dans la valise des masques FFP2 et un spray nasal à l’eau de mer coûte trois fois rien et évite une pharmacie de dernière minute sur place.
Que faire pendant un épisode de calima sur place
Pas besoin de rester enfermé tout le séjour : la calima se gère très bien avec quelques ajustements simples.
- Reportez les activités physiques en extérieur. Une randonnée sur le Teide ou dans le Parc rural d’Anaga perd tout son intérêt (et peut devenir inconfortable) quand la visibilité tombe à quelques centaines de mètres. Consultez notre guide des randonnées aux Canaries pour reporter la sortie au lendemain plutôt que l’annuler.
- Basculez sur des activités abritées. Grottes touristiques (Cueva de los Verdes à Lanzarote), musées, marchés couverts, spas d’hôtel ou simplement la piscine sont d’excellentes alternatives le temps que ça passe.
- Adaptez la conduite si vous avez loué une voiture. La visibilité réduite impose de rouler plus lentement et d’allumer les feux, en particulier sur les routes de montagne sinueuses. Notre guide de location de voiture aux Canaries détaille les précautions à prendre sur ces routes en toutes conditions.
- Baignade : pas de souci. La qualité de l’eau de mer n’est pas affectée, vous pouvez continuer à profiter des plages, même si la visibilité au loin sera réduite et le ciel moins photogénique.
- Suivez les alertes officielles. L’agence espagnole AEMET (aemet.es) publie des bulletins qualité de l’air, et le service européen Copernicus (CAMS) propose des cartes en temps réel des panaches de poussière saharienne au-dessus de l’Atlantique.
Calima et photos : gérer ses attentes

Petit aparté pratique pour les amateurs de photo ou de drone : la calima réduit fortement le piqué et le contraste des paysages, et les couchers de soleil habituellement spectaculaires des Canaries deviennent plus ternes, noyés dans une brume orangée. Si vous avez prévu une session photo au sommet du Teide ou un vol de drone sur les falaises de Los Gigantes, mieux vaut vérifier la météo du jour et, si besoin, décaler d’un jour ou deux — la calima ne dure en général pas plus de 72 heures.
En résumé : faut-il s’en inquiéter avant de partir
La calima est un phénomène normal et récurrent aux Canaries, pas une anomalie climatique exceptionnelle. Elle touche l’archipel plusieurs fois par an, essentiellement en été, et se résout généralement en 1 à 3 jours. Elle peut occasionnellement perturber un vol ou une excursion prévue, mais elle ne remet jamais en cause l’intérêt d’un voyage aux Canaries, ni sa sécurité globale pour un voyageur en bonne santé.
La seule vraie préparation utile consiste à garder de la souplesse dans votre programme, prévoir une petite marge sur les correspondances aériennes en été, et emporter de quoi protéger les profils les plus sensibles (asthme, jeunes enfants, grossesse). Le reste se gère très bien une fois sur place, au jour le jour.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la calima aux Canaries ?
La calima est un phénomène météo qui survient quand un vent chaud et sec venu du désert du Sahara transporte d'énormes quantités de poussière fine et de sable jusqu'à l'archipel des Canaries. Le ciel prend une teinte orangée ou grisâtre, la visibilité chute parfois à moins d'un kilomètre, et les températures peuvent grimper de 5 à 10 degrés en quelques heures. Ce n'est pas une tempête de sable au sens propre (il ne pleut pas de sable), mais un voile de particules en suspension dans l'air.
Quand a lieu la calima aux Canaries ?
La calima peut survenir toute l'année mais elle est plus fréquente et plus intense entre juin et septembre, avec des pics possibles en février-mars également. Elle dépend des conditions de vent au-dessus du Sahara et de l'Atlantique, donc elle n'est pas prévisible des mois à l'avance : les modèles météo ne l'annoncent généralement que 3 à 7 jours avant l'épisode. La plupart des épisodes durent 1 à 3 jours, mais certains peuvent s'étirer sur une semaine.
Mon vol peut-il être annulé à cause de la calima ?
Oui, c'est le risque concret le plus fréquent. Lors des épisodes de calima intense, la visibilité peut descendre sous les minimums requis pour l'atterrissage, en particulier à l'aéroport de Tenerife Nord (Los Rodeos), plus exposé que Tenerife Sud. Les compagnies annoncent généralement les retards ou annulations 24 à 48h à l'avance. Si votre vol est annulé pour cause de calima, cela reste classé comme circonstance extraordinaire par les compagnies, donc l'indemnisation forfaitaire européenne ne s'applique pas, mais vous avez droit à un réacheminement ou un remboursement.
La calima est-elle dangereuse pour la santé ?
Pour un voyageur en bonne santé, une exposition de quelques jours reste sans gravité : au pire une gorge irritée, des yeux qui piquent ou une petite toux. En revanche, les personnes asthmatiques, les insuffisants respiratoires, les jeunes enfants et les femmes enceintes doivent être plus prudents, car les fines particules en suspension (PM10) peuvent aggraver des symptômes respiratoires existants. Ce n'est jamais anodin pour ces profils, mais ce n'est pas non plus une urgence sanitaire pour un voyageur lambda.
Faut-il annuler son voyage si de la calima est annoncée ?
Non, ce serait excessif. La calima est un phénomène ponctuel et localisé dans le temps : elle ne dure presque jamais tout un séjour de deux semaines. Mieux vaut garder de la flexibilité dans votre programme (reporter une randonnée en altitude ou une sortie en mer plutôt qu'annuler tout le voyage) et surveiller les prévisions une fois sur place.
Comment savoir si de la calima est prévue pendant mon séjour ?
L'agence espagnole de météorologie (AEMET) publie des alertes qualité de l'air et calima sur son site, tout comme le portail européen Copernicus (CAMS) qui cartographie les panaches de poussière saharienne en temps réel. Sur place, les chaînes locales et les comptes Instagram/X des aéroports de Tenerife et Gran Canaria relaient aussi les alertes en cas d'impact sur les vols.
Peut-on quand même se baigner ou sortir pendant la calima ?
Se baigner reste possible, la calima n'affecte pas la qualité de l'eau. En revanche, mieux vaut limiter les efforts physiques prolongés en extérieur (randonnée, jogging, sport nautique intensif) tant que la visibilité et la qualité de l'air sont dégradées, et privilégier des activités abritées comme les musées, les grottes touristiques ou les spas.